Die portugiesische Sängerin Raquel Barreira
stellt ihr neues Projekt vor. Die Zusammenarbeit
mit den luxemburgischen Musikern Al Lenners und
Georges Urwald trägt ihre ersten Früchte.
Form und Stil haben sich geändert, die wohlklingende
Stimme, so wie wir sie aus ihren bisherigen Fado-Projekten
kennen, bleibt: ‚Starke melodische Momente
und stimmungsvolle, aufregende Arrangements, dargeboten
von akustischem Ensemble, welches sich hart an der
Grenze zu Folklore und Jazz bewegt’, zeichnen
die neuen Kompositionen aus.
Diese Musik in eine Schublade zu stecken, würde
heißen, ihr das ‚Erfrischende’
zu nehmen: eine Pseudo-Samba, ein schneller Walzer,
ein Funk-Song im Jungle-Stil, ein Ragtime, eine
folkloristische Gospelnummer, hymnische Jazzballaden,
der Versuch eines Reggaes ... lassen eine einzige
Einordnung zu und die wäre ganz einfach: klangvolle,
aufregende Musik!
Raquel Barreira (Gesang), Georges Urwald (Piano/Komposition),
Al Lenners (Schlagzeug), Marc Demuth (Kontrabass),
t.b.a. (Soloinstrument)
MONDAY, DECEMBER 12, 2005
Raquel Barreira: le choix du métissage
"Raquel Barreira a accompagné ses parents
au Luxembourg quand elle était encore enfant.
Dès l'âge de 10 ans, Raquel s'intéresse
à l'apprentissage de langues nouvelles et
à la connaissance de cultures différentes.
Pendant ses années de lycée, Raquel
fréquente l'école européenne
au Kirchberg. Dans ce milieu multiculturel et multilinguistique,
Raquel peut déployer toute son aptitude naturelle
de la communication. Elle se fait des amis de tous
les horizons possibles.
Très tôt, Raquel manifeste un goût
pour la musique et plus particulièrement
pour le rock alternatif. En 1997, elle devient la
chanteuse d'un groupe qui s'appelle Brainchild.
Tous les membres du groupe sont portugais, mais
la musique est résolument rock et alternative.
C'est aussi à cette époque-là
que Raquel commence à présenter un
programme de musique moderne tous les samedis après-midi
sur Radio Latina.
Petit à petit, Raquel se constitue un grand
cercle d'amis et de connaissances dans le paysage
musical du Grand-Duché. Ses amis sont de
toutes les nationalités et comme ils se réclament
de la scène artistique, ils sont d'une très
grande ouverture d'esprit. Tout en continuant à
chanter avec les Brainchild, Raquel commence à
fréquenter un groupe de musiciens luxembourgeois
un peu plus âgés qu'elle qui lui font
connaître d'autres styles de musique comme
le jazz et le blues.
Raquel participe à cette époque-là
à la folle aventure des Tabula Rasa, avec
Thierry van Werweke. Un peu plus tard, en 1999,
sous l'impulsion de ses amis luxembourgeois (Thierry
Kinsch, Laurent Hoffmann, Jitz Jeitz ...) et avec
leur aide artistique et technique, Raquel enregistre
son premier album en solo 'Imagens'. Raquel compose
les paroles de plusieurs titres de l'album, dont
les excellents '7 colinas' ou 'Amor descontente'.
La
plupart des musiques sont composées par Thierry
Kinsch.
Dans 'Imagens', Raquel évoque des images
pleines de lumière qu'elle a gardées
de son enfance vécue au Portugal. Même
si dans quelques titres, un zeste de Fado se fait
sentir, les chansons ne se plient pas à la
tyrannique 'saudade', s'efforçant plutôt
de créer un univers poétique où
les sens s'imprègnent des éléments
naturels et où l'amour est source de vie
et d'exaltation. 'Imagens' connaît un beau
succès au Luxembourg.
Raquel a entre-temps quitté les Brainchild
et commence à donner des concerts avec ses
musiciens amis luxembourgeois. Le public luxembourgeois
succombe au charme de ses chansons, mais le public
portugais dans son ensemble n'est pas encore au
rendez-vous de sa musique , qui n'est ni de la musique
pimba, ni du Fado, ni de la musique purement rock.
Peu importe, Raquel continue de donner des concerts
dans toutes les salles à travers le pays,
et sa renommée auprès du public luxembourgeois
ne fait qu'augmenter. Signe de l'impact de la musique
de Raquel: quelques-unes de ses chansons sont utilisées
dans les bandes sonores de films tels que 'Le club
des chômeurs', 'La revanche' et 'J'ai toujours
voulu être une sainte'.
Comme elle ne peut cependant pas encore vivre de
sa musique, Raquel travaille toujours ses 40 heures
par semaine au sein d'une agence de publicité.
Raquel Barreira aurait pu continuer sur la voie
de la musique pop-rock-fado à succès
limité, mais la jeune fille a de la vision
et du talent. Elle ne cesse de dire à qui
veut l'entendre que son prochain disque sera très
différent, car elle s'intéresse beaucoup
au jazz.
Sans que personne ne s'y attende réellement,
au printemps 2005 Raquel Barreira sort un véritable
chef d'oeuvre intitulé 'Notas soltas' (Notes
en liberté), un album de 10 titres inclassables
réalisé avec deux musiciens de jazz
de grand talent, Al Lenners et Georges Urwald.
'Notas soltas' est une merveille d'écoute
du début à la fin. Le chant de Raquel
Barreira, plus maîtrisé que jamais,
s'y soumet néanmoins entièrement à
la structure complexe et inspirée de l'écriture
musicale. Aucun titre dans cet album n'est semblable
à un autre. L'ambiance est généralement
'smooth jazz', avec de nombreuses ruptures de ton
et avec l'intervention mesurée de quelques
musiciens invités. Cependant, 'Notas soltas'
lorgne aussi du côté des grands cantautores
portugais comme Vitorino et Sergio Godinho.
Depuis la sortie de 'Notas soltas', Raquel Barreira
& friends ont joué dans diverses salles
prestigieuses du pays ('L'inouï'; 'Les matins
du jazz de l'Abbaye de Neumünster'; 'Rockhal').
Pour 2006, le trio prépare un grand concert
pour le 21 mai au théâtre municipal
d'Esch-sur-Alzette, en collaboration avec la Kulturfabrik.
Ce concert réunira pour la première
fois sur une scène tous les participants
à l'enregistrement de 'Notas soltas'.
Par ailleurs, Raquel Barreira se prépare
à lancer l'album au Portugal où sa
popularité est en train de croître
grâce notamment à ses participations
à des programmes de variétés
à la télévision portugaise
(...) "
2 septembre 2005
Un oeil qui rit, un oeil qui pleure
Avec Notas Soltas, Raquel Barreira, Al Lenners
et Georges Urwald publient un disque de fado jazz
étonnant et très achevé
josée
hansen
"Ils
m'accompagnent...," se réjouit Raquel
Barreira avec un grand sourire, " ...aussi
dans mon changement." La chanteuse revient
du Portugal, où elle a chanté pour
la quatrième fois dans une émission
de la RTP, samedi dernier, dans le cadre d'une grande
émission de musique populaire, diffusé
sur le canal international de la télévision
publique en direction de la diaspora lusophone.
Dont la communauté du Luxembourg, qui semble
de plus en plus curieuse de sa musique, que ses
compatriotes jugent souvent plus exigeante que leur
folklore traditionnel.
Le "changement" de Raquel Barreira en
l'espace d'une dizaine d'années est flagrant
: alors qu'à ses débuts, au milieu
des années 1990, alors chanteuse de Brainchild,
elle "braillait" en anglais, comme les
ados estiment que le veut le rock, ce furent Serge
Tonnar (avec le projet Taboola Rasa) et Thierry
Kinsch (avec le CD Imagens, 2000) qui la firent
chanter dans sa langue natale, le portugais, et
la dirigèrent en direction de musiques plus
folk : fado, bossa-nova, chanson... Le disque Imagens
devint un véritable succès, même
si la reconnaissance ne vint que sur le tard, à
force de donner des concerts.
Avec son dernier projet, Notas Soltas, présenté
au printemps à guichets fermés à
l'Inouï, elle fait encore un saut quantique.
"Pour moi, c'est surtout une expérience
et une évolution, dit-elle. J'aime beaucoup
varier, changer. Je chante tout à fait différemment
ici qu'avant, mon chant est devenu beaucoup plus
lyrique. Al et Georges m'ont beaucoup appris, sur
comment placer ma voix. Sur ce projet, la justesse
est très importante."
Georges
Urwald, pianiste de jazz (The Garlicks, notamment)
et compositeur de génie (on lui doit surtout
l’émouvant CD Il canto dell'usignolo)
et Al Lenners, batteur et percussionniste (également
membre des Garlicks) lui ont proposé le projet.
Ayant composé et enregistré les trois
premières pistes sonores avec la basse, la
batterie et le piano, "ils m'ont par la suite
laissé du temps pour écrire les textes.
J'ai décidé d'inventer des histoires
sur ces thèmes." Avec, comme source
d'inspiration, le Portugal, son mode de vie, les
grandes fêtes, mais aussi les chansons d'amour
et d'amitié dans la longue tradition des
troubadours.
Le
résultat est un disque étonnant, éclectique,
qui marie le fado au jazz, le tango à la
bossa-nova et à la chanson, et peut radicalement
changer d'ambiance dans un même titre. "C'est
étonnant, mais il s'est avéré
que Georges, le compositeur a pensé exactement
aux mêmes thèmes que moi pour chaque
chanson." Raquel Barreira chante sa saudade,
sa mélancolie du Portugal, dont le soleil,
la mer, la joie de vivre lui manquent toujours après
18 ans passés au Luxembourg. Elle regrette
ses amours perdues, se réjouit avec les invités
d'un grand mariage ou observe nonchalamment les
pulsations de Lisbonne.
Elle écrit et chante toujours en portugais
- à l'exception de quelques bribes d'anglais
dans Tell him I'm in Love -, "parce que je
suis Portugaise et fière de mes racines.
Et puis le portugais est une langue beaucoup plus
expressive que l'anglais, une langue qui est en
même temps très difficile si on veut
bien s'exprimer." Ce qui la rend particulièrement
fière, c'est que des spectateurs luxembourgeois
viennent la voir après un concert pour lui
dire à quel point une chanson les a touchés
- malgré la barrière linguistique.
Notas Soltas est un disque extraordinaire, non seulement
par sa diversité stylistique et l'évolution
de la voix de Raquel Barreira, mais aussi pour sa
liste d'intervenants et de musiciens invités
- en quelque sorte un best of du jazz luxembourgeois.
À côté du trio de base Barreira-Urwald-Lenners,
on y trouve des gens comme Marc Demuth, Sergio Tordini,
Lisa Berg, Vania Lecuit, Maurizzio Spiridigliozzi,
Ernie Hammes ou encore Nadine Kauffmann. Impossible
de les réunir tous pour chaque concert ;
les prestations live sont adaptées au cadre,
à la taille de la scène, à
l'ambiance. Une date unique, en mai prochain au
Théâtre d'Esch, permettra de voir et
d'entendre le grand jeu, la formation complète.